Skywood House 23 décembre 2008
J’avais écrit l’an dernier un article sur Skywood House, la maison de verre de l’architecte anglais Graham Phillips. Voici aujourd’hui, modélisée avec Blender, cette demeure à l’esthétique minimaliste construite en 2001 à Denham, dans le comté de Buckingham, au nord-ouest de Londres.
L’architecte bâtit deux volumes adjacents. Le premier, au nord-ouest, se prolonge par une terrasse faisant face au lac et reçoit le soleil de l’après-midi et du couchant. Il abrite la cuisine, le salon et sa grande cheminée. C’est une salle sans cloison, si ce n’est un paravent escamotable qui permet de séparer la cuisine de la salle à manger. Le carrelage de la pièce se prolonge sur la terrasse, atténuant la démarcation entre espaces intérieur et extérieur.
Le volume sud-est, plus intime, est invisible depuis le lac, protégé des regards par un long mur. Il contient quatre chambres dont les vitres donnent sur le jardin et les bois. Les chambres, dont chacune dispose de sa salle de bain, sont desservies par un couloir qui travers le bâtiment.
L’entrée de la maison est située au point de contact entre les deux bâtiments. Une allée pavée, longeant un pare-terre de graviers noirs qui évoque un jardin minéral zen, la relie au garage, posé à l’écart.
Un geste architectural
Les principales contraintes auxquelles Graham Phillips doit faire face sont la faible surface constructible – le terrain est tout en longueur et essentiellement occupé par le lac – et la nécessité de préserver les beaux arbres présents sur le site. Il construit donc une maison de petites dimensions et constituée de plusieurs volumes s’adaptant à la morphologie du terrain ; une élégante maison de verre, sans étage, tirant parti du paysage.

Skywood House, principe de construction.
Il pose une dalle de béton en bordure du petit lac. Sur celle-ci, il érige quatre lames de béton s’étirant dans des directions opposées : un signe dans l’espace, un graphisme abstrait qui n’évoque guère le plan d’une maison traditionnelle, quatre pans aveugles – les seuls murs de la construction.
Ceux-ci, aidés de colonnes métalliques, soutiennent les toits plats. Les autres façades, libérées de toute contrainte, n’ayant à supporter que leur propre poids, sont de vastes baies vitrées ouvrant sur la nature, les bois, le lac.
Une demeure expérimentale
La maison Skywood semble flotter sur le petit lac qui reflète sa blancheur immaculée et sa transparence de cristal. C’est au crépuscule, lorsque ses lumières jouent avec la surface de l’eau, qu’elle offre le plus saisissant spectacle.
Par sa conception audacieuse, son minimalisme affirmé, sa géométrie sans concession, c’est une demeure expérimentale, un manifeste d’architecte. En revanche, qu’elle soit une maison « à vivre », rien n’est moins sûr… sauf si ses occupants sont des adeptes du vide absolu et des maniaques de l’ordre le plus rigoureux !



Vivre dans un Mondrian


