La maison Jacobs 3 mars 2009
Modeste, tant par ses dimensions que par la rusticité des matériaux employés, la maison Jacobs n’en constitue pas moins l’un des archétypes de l’architecture du vingtième siècle. Construite en 1936 à Madison, dans le Wisconsin, elle fut la première résidence usonienne édifiée par Frank Lloyd Wright. Ce concept nouveau, que l’architecte imagina lors de la dépression économique des années trente, devait permettre à la middle class américaine de s’offrir des demeures originales, conçues selon un système modulaire et bâties avec des matériaux locaux bon marché.
L’aspect financier n’était cependant pas le principal souci de Wright et de ses clients : parmi la centaine de résidences qu’il réalisa selon ce principe, certaines coutèrent fort cher. Habiter une demeure usonienne, c’était avant tout adopter un style de vie différent, plus décontracté, plus proche de la nature, que l’on pourrait qualifier, en usant d’une terminologie contemporaine, de « bourgeois bohème ».
La maison présentée ici, parfois dénommée « Jacobs I », fut la première que Wright construisit pour la famille du journaliste Herbert Jacobs. Elle constitue le plus ancien et le plus pur exemple du style usonien.
Elle ne possède pas de fondations mais est directement érigée sur une dalle de béton qui renferme les canalisations dans lesquelles circule l’eau chaude assurant le chauffage par le sol (c’est l’une des toutes premières expérimentations de ce mode de chauffage). Une grille de 2×4 pieds est gravée à la surface de la dalle, matérialisant le module de base de la construction.
La maison Jacobs est conçue selon un plan en « L » dont les deux branches se rejoignent au niveau de la salle de bain et de la cuisine, le workspace, que l’architecte considérait comme le centre nerveux des activités domestiques. L’une des ailes abrite le salon et sa grande cheminée de brique, la cuisine, la petite salle à manger et la salle de bain. Cuisine et salle de bain sont séparées par un étroit escalier permettant d’accéder à la chaudière, située au sous-sol. Dans l’autre aile sont placées les chambres ainsi qu’un petit bureau à l’écart. Quant au garage, il est remplacé par un simple porte-à-faux de l’un des toits plats de la maison.
La brique est utilisée avec parcimonie, essentiellement au niveau de la salle de bain, de la cuisine, du salon et de son imposante cheminée. Afin de réaliser des économies, Frank Lloyd Wright utilisa des briques de rebus – irrégulières ou brûlées – provenant d’un autre de ses chantiers, le siège de la société Johnson Wax.
Les autres cloisons sont soit des portes vitrées soit des panneaux légers constitués de papier isolant pris en sandwich entre des planches de bois. Frank Lloyd Wright plaça des étagères sur toute la longueur du plus grand de ces panneaux : ils servent de rayonnages pour la bibliothèque tout en renforçant la rigidité de la cloison. Côté rue, les murs sont presque aveugles, seulement percés d’étroites lucarnes placées en hauteur. À l’inverse, de grandes fenêtres s’ouvrent sur le jardin.
Le système d’éclairage est des plus sommaires : de simples rails métalliques accrochés au plafond, sur lesquels sont montées des ampoules nues. Les plafonds sont constitués de planches de bois disposées de manière à former un motif en escalier. Utilisant des matériaux de récupération, rognant sur ses honoraires ainsi que sur les frais de construction, Frank Lloyd Wright réussit la prouesse de bâtir cette demeure pour un total de 5 500 $.








Cette maison est accueillante et pleine de lumière.
Une famille pourrait s’y installer et rêver d’être blottis dans les bras d’une mère au chaud tout en étant protégée.
Vous avez du talent, continuez.
Je vous souhaite bon courage pour vos autres réalisations.
A bientôt.
Posté par GONCALVES Susana le 18 mars 2009
merci pour votre aide
Posté par asma le 17 janvier 2010
- Tout cela est très bien mais même si je ne m’y connais pas en architecture, quelle en est l’échantéité des murs surtout pour la propagation des différents sons?
Posté par agnes le 8 août 2010
Bonjour Agnès
Je ne pense pas que l’acoustique était une préoccupation majeure pour Frank Lloyd Wright lorsqu’il construisit cette maison. Tout de même, il prit soin de placer un mur quasiment aveugle du côté de la rue (le mur avec les étagères de la bibliothèque). Les baies vitrées donnaient quant à elles sur le jardin.
Il faut garder à l’esprit que la maison Jacobs, bien qu’elle fut habitée, était une sorte de prototype grâce auquel l’architecte expérimenta certaines solutions originales qu’il reprit plus tard dans d’autres constructions.
L’isolation phonique ne devait être ni meilleure ni pire que dans toute construction en bois. Quand à la protection contre les intempéries, elle était assurée par une couche de papier imperméable prise en sandwich entre les deux épaisseurs de bois des cloisons. Je crois que l’essentiel des problèmes d’humidité provenait du toit plat, pas assez étanche et peut être mal drainé.
Posté par Thierry le 9 août 2010