Voisin C-6 Laboratoire 6 février 2010
Cette étrange machine aux lignes futuristes, qui semble sortir tout droit d’un film de science-fiction, est une voiture de course datant de 1923 ! Elle fut dessinée pour la société des Automobiles Avions Voisin par l’ingénieur et pilote de course André Lefebvre, qui participa plus tard à la conception des Citroën Traction, 2CV et DS.
Gabriel Voisin fit fortune en construisant des avions. Mais, désapprouvant l’utilisation militaire de ses appareils au cours de la première guerre mondiale, il cessa toute activité aéronautique dès la fin du conflit et se lança dans la production automobile. Une trentaine de modèles sortirent de ses usines entre 1919 et 1935. Parmi eux, la C-6 tenait une place à part : c’était une voiture expérimentale – d’où le sobriquet de « Laboratoire » – destinée à tester des solutions innovantes. Seulement quatre exemplaires furent construits à l’époque (une cinquième C-6, la seule qui existe aujourd’hui, est une réplique de 1992).
Le design surprenant de cette automobile ne devait rien au hasard : ingénieur issu de l’aviation, André Lefebvre appliqua les recettes de l’aéronautique à ce véhicule dont le profil était celui d’une aile d’avion. Il remplaça le lourd châssis des voitures de l’époque par un léger bâti en bois sur lequel étaient fixées les tôles d’aluminium de la carrosserie à fond plat, inventant ainsi la caisse autoporteuse. Les jantes à rayons étaient carénées pour leur donner une forme plus aérodynamique et les roues arrière se trouvaient noyées dans le «fuselage ».
Le volant lui-même subit des modifications : sa forme particulière permettait de mieux dégager la vue du pilote. La petite hélice à la pointe du radiateur n’était pas – ou pas seulement – un clin d’œil aux aéroplanes Voisin : elle actionnait une pompe qui, au-delà de 50 km/h, assurait le refroidissement par eau du moteur. La Laboratoire était équipée d’un six cylindres en ligne, sans soupape, de 1922 cm³. La faible puissance du moteur et le manque de fiabilité de la voiture ne lui permirent jamais de briller en course.
Des quatre C-6 qui prirent le départ du Grand Prix de Tours 1923, une seule franchit la ligne d’arrivée et se classa cinquième, à plus d’une heure du vainqueur. Elle ne participa qu’à peu de compétitions et son palmarès fut bien maigre. En revanche, équipée d’un plus gros moteur, elle battit plusieurs records du monde de vitesse sur l’autodrome de Montlhéry.

Pour l’époque en effet une ligne très « avant gardiste ».
Le devant me fait penser à un modèle de tracteur des années 70 dont on aurait aplati le capot.
Heureuse d’avoir de tes « nouvelles ».
Posté par framboise le 6 février 2010
Je suis également heureux d’avoir des nouvelles d’une lectrice aussi fidèle !
On ne peut pas dire que cette voiture soit une réussite sur le plan esthétique, mais son aspect est très surprenant – surtout pour l’époque – et c’est en cela qu’elle m’intéresse.
Je me souviens d’avoir eu dans mon enfance un livre illustré sur des voitures extraordinaires (j’ai oublié le titre exact) et cette Voisin Laboratoire aurait pu y figurer en bonne place.
Posté par Thierry le 6 février 2010
Avatar avant l’heure.
Baltha
P.S. Tout va bien?
Posté par Baltha le 10 février 2010
Avatar peut-être, je n’en sais rien : pas vu (pas pris !)
Et pour répondre à ta question, oui, tout va bien.
Posté par Thierry le 12 février 2010