Aux côtés de la Maison de la cascade (Fallingwater), du Musée Guggenheim de New York ou du siège de la société Johnson Wax, la Maison Robie est l’une des plus célèbres réalisations de Frank Lloyd Wright (1867-1959). Construite à Chicago en 1910 pour Frederic C. Robie, cette demeure est caractéristique du « style prairie » cher à l’architecte : des demeures à l’horizontalité marquée, de vastes espaces intérieurs ouverts, des matériaux naturels (bois, briques et tuiles de terre cuite, etc.)

Angle sud-ouest de la Maison Robie

Angle sud-ouest (cliquer pour agrandir)

L’alignement des colonnes de brique de la façade et les toits en pente douce dont les grands porte-à-faux projettent leur ombre sur les terrasses et balcons, caractérisent cette construction. Malgré son apparence peu élevée, la maison comporte un rez-de-chaussée — un peu sous le niveau du terrain et en partie masqué par un long muret — ainsi que deux étages. Le premier étage est constitué d’une vaste pièce sans cloison, la grande cheminée qui traverse toute la maison du haut en bas servant de séparation entre le salon et la salle à manger. Chaque extrémité de cette pièce forme une « proue » triangulaire caractéristique. Au deuxième étage se trouvent les chambres et salles de bain attenantes. Un second bâtiment, moins haut, est accolé au corps principal. Il abrite le garage et, au-dessus, les chambres des domestiques.

Angle sud-est de la Maison Robie

Angle sud-est (cliquer pour agrandir)

Frank Lloyd Wright s’est ingénié à briser les lignes du bâtiment, multipliant les plans horizontaux et verticaux, les escaliers, les décrochements, les recoins, les alcôves. Il faut, pour se déplacer dans cette maison-labyrinthe, constamment tourner, monter quelques marches, en descendre d’autres. Faisant le tour de la demeure, on cherchera en vain l’entrée principale : ce n’est qu’une petite porte sans prétention, située dans un renfoncement de la cour intérieure, près du garage.

Cour du garage de la maison Robie

Cour du garage (cliquer pour agrandir)

On ne saurait parler de la Maison Robie sans mentionner les superbes vitraux, dessinés par l’architecte, qui ornent la plupart des fenêtres. Cependant, je ne les ai pas représentés : trop de travail pour des vues d’ensemble sur lesquelles ils auraient été peu visibles.

Étant donné la complexité de la construction et le manque de plans précis, j’ai dû dresser mes propres plans, en les comparant aux photographies, heureusement nombreuses, dont je disposais, avant de passer à la modélisation. Ce travail de préparation et de documentation est long mais intéressant, la modélisation en elle-même étant un processus assez mécanique et répétitif. Ne cherchant pas à obtenir un rendu photographique mais des images montrant clairement la structure du bâtiment, j’ai supprimé la plupart des textures que j’avais crées, ne conservant que celle des murs de brique, et appliquant de simples aplats de couleur ailleurs.

La belle chanson « Djon ‘maya » du Burkinabé Victor Démé qui, après s’être produit pendant trente ans sur les scènes de Bobo-Dioulasso ou de Ouagadougou, a enregistré cette année, à quarante-cinq ans, son tout premier album.

Rien de superflu, nul artifice ici : juste une guitare, une voix (quelle voix !) et la densité que confère une vie souvent difficile, voilà tout. Et c’est beau, c’est triste, c’est bouleversant !

Note : une version audio de meilleure qualité est disponible dans la section Playlist de la colonne de droite.

En 1929, Paul Cavrois, un riche industriel de Roubaix, demande à Robert Mallet-Stevens1 de concevoir une demeure pour sa famille. La villa de 2 400 m², située à Croix2, entre Lille, Roubaix et Villeneuve-d’Ask, est inaugurée en 1932. S’étendant sur plus de soixante mètres de long, sa silhouette évoque celle d’un paquebot, avec sa vigie, ses cheminées, ses ponts, son bastingage. L’architecte souligne l’horizontalité de la construction en multipliant les lignes parallèles au sol. Paul Cavrois lui impose l’utilisation de la brique jaune régionale pour couvrir les murs de béton ; Robert Mallet-Stevens en altère l’aspect traditionnel et renforce l’impression générale d’horizontalité en teintant de noir les joints de ciment courant tout autour de la bâtisse.

Vue nord-ouest

Angle nord-ouest (cliquer pour agrandir).

La façade nord, avec l’entrée principale au centre, a l’allure austère. La géométrie y est sévère, rigoureuse, les hauts murs ne sont percés que de rares fenêtres. Ici règne l’angle droit, que nulle courbe ne vient adoucir. C’est l’aspect officiel et quelque peu guindé que la villa présente au visiteur.

Vue sud-est

Angle sud-est (cliquer pour agrandir).

La façade sud est plus avenante : de grandes baies vitrées ouvrent les murs sur le soleil, un escalier monumental permet d’accéder au jardin, une large terrasse sur pilotis surplombe la piscine. L’époque est à l’hygiènisme ; le corps sain, le sport, la nature sont exaltés, et la villa Cavrois ne déroge pas à cet engouement.

Façade sud (cliquer pour agrandir)

Façade sud (cliquer pour agrandir)

Les fonctions de la demeure se déclinent au long de son axe longitudinal : à l’ouest l’entrée du personnel domestique, les cuisines et dépendances, la salle à manger ; au centre l’entrée principale, la grande salle de réception et son immense verrière ; à l’est les appartements privés de la famille et le bureau de M. Cavrois. La tourelle de la façade sud, surmontée d’un « mirador » dont la vitre arrondie couvre les trois-quarts de la circonférence, renferme le grand escalier permettant d’accéder aux étages.

Vue aérienne

Vue aérienne (cliquer pour agrandir).

La villa Cavrois est habitée jusqu’aux années 1980. En 1986, après le décès de madame Cavrois, la propriété est rachetée aux héritiers par un promoteur immobilier peu scrupuleux, qui souhaite en faire un lotissement. Le mobilier (également conçu par Robert Mallet-Stevens) est vendu chez Sotheby’s. La demeure, laissée à l’abandon, sans surveillance, soumise à de nombreux pillages et dégradations, se détériore rapidement. En 1990 est fondée l’Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois3, qui milite pour la restauration du bâtiment et l’ouverture du site au public. Ce n’est qu’en 2001, après bien des déboires et de vaines promesses, que cette œuvre majeure de l’architecture moderne française, classée Monument historique, est acquise par le ministère de la Culture. Sa restauration débute enfin en 2004, mais ne concerne que l’extérieur du bâtiment.

Les images qui illustrent ce billet ont été générées à partir d’un modèle que j’ai réalisé avec Blender — l’occasion de m’initier à la modélisation 3D et de me familiariser avec l’interface quelque peu déroutante du logiciel. J’ai intentionnellement omis d’appliquer des textures et des couleurs au bâtiment, car je souhaitais obtenir des sortes d’épures plutôt que des images réalistes.