Voisin C-6 Laboratoire

La Voisin C-6 Laboratoire (cliquer pour agrandir)

Cette étrange machine aux lignes futuristes, qui semble sortir tout droit d’un film de science-fiction, est une voiture de course datant de 1923 ! Elle fut dessinée pour la société des Automobiles Avions Voisin par l’ingénieur et pilote de course André Lefebvre, qui participa plus tard à la conception des Citroën Traction, 2CV et DS.

Gabriel Voisin fit fortune en construisant des avions. Mais, désapprouvant l’utilisation militaire de ses appareils au cours de la première guerre mondiale, il cessa toute activité aéronautique dès la fin du conflit et se lança dans la production automobile. Une trentaine de modèles sortirent de ses usines entre 1919 et 1935. Parmi eux, la C-6 tenait une place à part : c’était une voiture expérimentale – d’où le sobriquet de « Laboratoire » – destinée à tester des solutions innovantes. Seulement quatre exemplaires furent construits à l’époque (une cinquième C-6, la seule qui existe aujourd’hui, est une réplique de 1992).

Le design surprenant de cette automobile ne devait rien au hasard : ingénieur issu de l’aviation, André Lefebvre appliqua les recettes de l’aéronautique à ce véhicule dont le profil était celui d’une aile d’avion. Il remplaça le lourd châssis des voitures de l’époque par un léger bâti en bois sur lequel étaient fixées les tôles d’aluminium de la carrosserie à fond plat, inventant ainsi la caisse autoporteuse. Les jantes à rayons étaient carénées pour leur donner une forme plus aérodynamique et les roues arrière se trouvaient noyées dans le «fuselage ».

Le volant lui-même subit des modifications : sa forme particulière permettait de mieux dégager la vue du pilote. La petite hélice à la pointe du radiateur n’était pas – ou pas seulement – un clin d’œil aux aéroplanes Voisin : elle actionnait une pompe qui, au-delà de 50 km/h, assurait le refroidissement par eau du moteur. La Laboratoire était équipée d’un six cylindres en ligne, sans soupape, de 1922 cm³. La faible puissance du moteur et le manque de fiabilité de la voiture ne lui permirent jamais de briller en course.

Des quatre C-6 qui prirent le départ du Grand Prix de Tours 1923, une seule franchit la ligne d’arrivée et se classa cinquième, à plus d’une heure du vainqueur. Elle ne participa qu’à peu de compétitions et son palmarès fut bien maigre. En revanche, équipée d’un plus gros moteur, elle battit plusieurs records du monde de vitesse sur l’autodrome de Montlhéry.

La Bugatti Brescia (cliquer pour agrandir)

La Bugatti Brescia (cliquer pour agrandir)

Récemment, je me suis découvert une passion pour les voitures anciennes. J’aime leurs courbes et leurs couleurs, leur esthétique plus variée, audacieuse et affirmée que celle des modèles contemporains. C’est d’ailleurs la silhouette particulière de la Bugatti type 13 ou «Brescia» qui m’a donné l’envie de l’illustrer.

En l’absence de plans précis, je me suis basé sur diverses photographies pour modéliser cette automobile. Mon but n’était pas de reproduire fidèlement un exemplaire particulier – il n’existe pas deux Brescia identiques – mais de traduire l’allure générale de la voiture et l’impression qu’elle produit.

Ses traits les plus frappants sont un imposant capot en forme de tonneau et une calandre aux généreuses proportions. Sa couleur bleue dénote une nationalité française : elle fut en effet conçue par Ettore Bugatti entre 1910 et 1914 à Molsheim, en Alsace, et produite jusque dans les années vingt.

C’était une petite voiture de course, d’un empattement de 2 mètres et ne pesant que 450 kg. Elle ne possédait qu’un moteur de 1,4 litres, mais son poids plume compensait sa faible cylindrée, ce qui lui permit de remporter de nombreuses courses, dont le Grand Prix de France de 1911 au Mans. En 1921, elle se classa aux quatre premières places du Grand Prix de Brescia, en Italie, ce qui lui valut son surnom.

Le cyclecar Bédélia (cliquer pour agrandir)

Le cyclecar Bédélia (cliquer pour agrandir)

La Bédélia était un cyclecar, véhicule hybride entre motocyclette et automobile. C’est d’ailleurs avec les pièces d’une moto accidentée qu’en 1907 deux étudiants, Robert Bourdeaux et Henri Devaux, construisirent un premier prototype. L’engin était d’une grande simplicité : une caisse en forme de baignoire, un essieu avant pivotant autour d’un axe central, un moteur placé à l’avant et entraînant les roues arrières grâce à deux courroies courant de chaque côté de la carrosserie. Ce système de transmission était d’ailleurs son principal point faible : les courroies avaient tendance à se détendre, patiner et se rompre.

La Bédélia disposait de deux places, avec la particularité que le pilote s’asseyait à l’arrière du véhicule, derrière son passager. Ne possédant pas d’embrayage, il fallait pousser pour démarrer puis monter en marche ! Mais la Bédélia était légère – environ 150 kg – et atteignait 70 km/h, ce qui lui permit de s’illustrer lors de nombreuses courses.

Déclinée en divers modèles adaptés à la conduite sur route, elle trouva son public, et l’on estime qu’elle fut produite à environ 3000 exemplaires, jusqu’en 1914. La première guerre mondiale mit fin à la production. Après plusieurs refus de l’armée pour l’utiliser comme brancard automobile ou comme automitrailleuse, ses inventeurs se tournèrent vers d’autres projets. Et au sortir du conflit, la Bédélia était dépassée face à la concurrence des Amilcar, Salmson ou Morgan.